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Jean-Paul Motta

Améliorer la vie des personnes souffrant d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin

Jean Paul Motta – Université de Calgary

L’action réciproque complexe de facteurs génétiques, microbiens et environnementaux risque d’activer en permanence le système immunitaire muqueux, entraînant des poussées actives suivies de rémissions, caractéristiques d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), par exemple la maladie de Crohn ou une colite ulcéreuse. On a identifié à ce type de maladie la composition instable des colonies bactériennes dans l’intestin (dysbiose). Or, l’efficacité des antibiotiques pour soigner les personnes atteintes d’une MICI demeure inégale. Dans le tube digestif, un microbiote normal forme des biofilms composés de millions de cellules, en couches superposées, enrobées d’une matrice polymérique pour favoriser les fonctions tributaires du microbiote, dont la digestion du contenu luminal et la fortification des défenses de l’hôte. Une altération des biofilms intestinaux peut cependant contribuer à l’apparition d’inflammations chroniques causant des allergies, des maladies auto-immunes et des infections nosocomiales persistantes. Un régime alimentaire, un traitement pharmacologique et la prédisposition de la personne à des inflammations et des infections sont autant de facteurs susceptibles d’altérer la composition et la structure d’un biofilm normal.

Mes recherches ont pour but de comprendre comment ces facteurs externes peuvent entraîner la formation de biofilms pathogènes et aussi causer une inflammation chronique chez un sujet  génétiquement vulnérable. L’étude des biofilms pathogènes chez l’humain pourrait mener à des stratégies révolutionnaires pour traiter les MICI. Et inversement, l’identification des composantes bénéfiques jusqu’ici inconnues des biofilms intestinaux pourrait mener à des traitements probiotiques innovateurs pour soigner les inflammations intestinales et les maladies s’attaquant à d’autres organes non stériles, comme les poumons et la peau.

Que signifie être lauréat du Prix Killam?
Je suis franchement honoré d’avoir reçu en 2013 la Bourse de recherche postdoctorale Izaak Walton Killam remise par l’Université de Calgary pour mes recherches et leur potentiel. Je sais que les « Fiducies Killam » est un organisme canadien prestigieux qui aide financièrement des chercheurs de calibre mondial s’intéressant à divers domaines.

Pour moi, cette bourse est synonyme d’excellence professionnelle et de vocation d’améliorer le monde. Voilà pourquoi, dans la foulée de ce que j’ai accompli jusqu’à maintenant, je vais m’atteler sérieusement à mon travail de recherche fondamentale dans l’espoir de découvrir des moyens d’améliorer notre santé.

Qu’en avez-vous retiré?
Ce fut un tournant dans ma vie de quitter la France pour venir faire mes études postdoctorales au Canada. La Bourse Killam m’est d’une grande aide sur le plan du développement professionnel. Grâce à elle, je peux me concentrer sur mes recherches, sans éprouver le moindre souci financier. L’allocation pour mes recherches postdoctorales me permet également d’assister à des conférences internationales, qui sont pour moi des occasions en or d’apporter ma pierre à l’édifice et d’étendre mon réseau professionnel. Je suis convaincu également que cette reconnaissance jouera en ma faveur quand je demanderai une subvention de recherche ou je postulerai un emploi dans l’enseignement ou l’industrie.

Pourquoi avoir choisi l’université de Calgary?
L’Université de Calgary représentait l’endroit parfait pour poursuivre mes études après avoir terminé mon doctorat à Toulouse, en France. J’espérais travailler avec celui qui allait devenir mon mentor et qui était alors une sommité mondiale dans le domaine de la gastroentérologie et de la parasitologie.  En plus le superviseur de ma faculté, le Pr André G. Buret, a lui-même reçu le Prix Killam du professeur de l’année en 2012. Je ne voulais pas rater l’occasion de travailler à l’Université de Calgary, qui ambitionne d’accéder au tableau des cinq premières universités de recherche au Canada. Le Programme d’études postdoctorales « Eye’s High » et le Bureau de la recherche de cette institution m’ont également convaincu que je recevrais toute l’aide espérée pour mon perfectionnement professionnel.

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